Accueil Non classé 2 – Rêverie quand tu me tiens…

2 – Rêverie quand tu me tiens…

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Le 10 Août

Bibi et moi avons donc prolongé notre promenade de quelques instants en bord de mer avant de rentrer. Et, tout aussi étrange que cela puisse paraître, Bibi avait le même air penseur que moi. Mais à quoi pouvions-nous bien penser ?

Après un profond soupir commun nous avons regagné notre studio luxueux. A peine rentrée et toujours rêveuse, je me suis dirigée vers la salle de bain. Fis couler l’eau de la baignoire, me démaquilla, me déshabilla et, toujours dans mes pensées, lorsque mon bain fut bien mousseux, m’y glissa….

Bibi se coucha désespérément aux pieds de la baignoire après avoir lapé le caviar que représentait pour lui l’eau des toilettes. Il me regardait, espérant que je me souvienne que mon adorable chien, qui n’avait pas mâchouillé le dos nu en satin neuf de la veille, n’avait pas encore mangé. Mes profonds soupirs auraient inspirés les plus grands écrivains ou poètes, d’ailleurs « Les soupirs sont le langage du cœur » (Thomas Shadwell), « Certes on n’a jamais rien vu de plus grand, majestueux, chaud, murmurant, soupirant, féminin qu’une locomotive à vapeur » (Michel Tournier), « Cœur qui soupire n’a pas ce qu’il désire » (Blaise de Montluc) et « L’amour est une fumée faite de la vapeur des soupirs » (William Shakespeare) etc…

Le jeune homme que nous avions croisé et qui hante mes pensées est proche d’une trentaine d’années. Peut-être qu’il avait en fait trente et un ou trente deux ans tout au plus. Il avait les cheveux clairs, tirant sur le roux, était plutôt grand et de corpulence assez mince mais musclée. J’ai pu malgré l’obscurité, imaginer un corps comme celui d’un grand nageur. Peut-être était-il surfeur ?

Mais, quelque chose m’a frappé en le voyant. Quelque chose qui m’a bouleversée, scotchée, attirée, dont j’ai gardé l’image et ne peux me débarrasser. Il était vêtu d’une façon très distinguée, avec un manteau trois quarts m’ayant laissé l’impression d’un jeune homme sérieux, courageux, gentil, aimant et sain d’esprit. Ce qui se fait plutôt rare de nos jours. En plus d’y avoir observé une bonté inégalable, j’ai vu dans les yeux de cet homme un paradis. Imaginez un paysage magnifique en bord de mer, au soleil couchant. La douceur du soir vient vous caresser les joues alors qu’une légère brise souffle dans vos cheveux. Vous apercevez un lagon, bercé par la lueur de ce doux soleil qui s’éteint lentement sur le clapotis des vagues bleu turquoise, où vous vous imaginez nageant avec les dauphins. Une eau transparente et apaisante. C’est ce que j’y ai vu et ressenti . Et je ne parle pas de son… sourire irrésistible, ni de sa voix rassurante.

Maintenant je ne pense qu’à lui. Qu’à cette image. Le reverrais-je un jour ?

Ah c’est malin tiens… !

WOUF !

Bibi venait de me sortir brusquement de mon doux rêve en me rappelant, par un ventre très bruyant, que ni l’un ni l’autre n’avions encore mangé.

Quelle torture de sortir de la baignoire où l’eau y était encore bien chaude. Une eau si bonne que cela pourrait donner à n’importe qui, qui me donne à moi, envie de m’y prélasser des heures durant. Il faut dire que les bains à remous m’ont toujours attirée et que celui-là, en plus d’être à remous, peut laisser entendre la douce mélodie de musiques reposantes et apercevoir du fond de la baignoire une lumière changeante au gré de nos envies et de la musique.

Ce soir j’ai choisi le chant des dauphins et une lumière d’une couleur assez chaude, un mélange de rouge et d’oranger, entre l’orange sanguine et le pamplemousse. Une salade de pamplemousse c’est d’ailleurs ce que j’ai mangé ce soir. Avec un cocktail de crevettes roses, fraîchement pêchées dans la journée avec l’un de mes voisins, accompagnées d’une délicieuse crème à base de poivron et de ciboulette. Un doux souvenir de ma vie en France. Sortie de mon bain, j’ai mangé, comme à mon habitude, assise au coin de la porte fenêtre donnant sur la mer qui se retire. Je trouve à chaque fois ce spectacle absolument magnifique.

Mais devinez quoi ? Sur le sol gisaient des lambeaux de tissu noir et rose. Sur le coup je me suis étonnée de voir cela sur le sol. Surtout du rose, moi qui n’en porte jamais. Mais cela ne m’a guerre plus étonnée et j’ai continué de déguster mon repas en tête à tête avec moi-même. Puis, en regardant de nouveau par la fenêtre, j’ai vu Bibi…

« Oh mon dieu …! » Ni une, ni deux, je me suis levée et j’ai foncé d’un pas bien décidé sur mon jeune animal sensé être domestique, et reconnu ce bout de tissu noir et rose coincé entre ses dents serrées et acérées. Noir et rose ? Tissu ? Chien ? Dos nu ? Je me suis emparée de ce morceau de tissu, me mis à pleurer et suis allée me blottir au fond de mon lit avec mon journal afin d’y abandonner les souvenirs de cette journée « catastrophe ».

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La nuit à Virginia Beach était en général claire et étoilée. Le ciel était d’un bleu ni foncé, ni clair, ni turquoise. On aurait dit un bleu mi gris, mi violet, parsemé de jaune très clair, loin du jaune poussin que l’on utilise pour dessiner des étoiles lorsque l’on est enfant. Non, un jaune presque argenté scintillant et éclairant la baie. Je suis si triste et si chamboulée que je n’arrête pas de repenser à ma journée, à ces moments tous à la fois si nouveaux, si joyeux, si terrifiants et si étranges.

Pour me changer les idées j’ai décidé de prendre mon lecteur mp3. Comme d’habitude mettre le volume à vingt et ma musique préférée. Comme pour la plupart des personnes de mon âge, vous êtes en droit de penser qu’il s’agissait d’une musique festive. De reggaetton, ou de techno… Non, c’était un tout autre style. Une chanson de Kelly Sweet. Une jeune chanteuse au teint pâle et à la voix douce. La chanson que je préfère est « We are one ». Une magnifique chanson d’amour…

***

Le 11 Août

Sans vraiment m’en rendre compte je me suis endormie. À l’heure qu’il était quand je me suis réveillée, le ciel si beau bordé de mille étoiles avait fait place au soleil brillant et réchauffant l’atmosphère, à la douce brise du matin, se laissant intimider, à la manière d’un jeune lièvre face à un renard, par cette chaleur arrivant et ces touristes se promenant sur la plage.

Juste avant, Bibi jouait, dormait, mangeait, re dormait et se décida au bout de quelques temps à venir me réveiller. Après tout, il faisait beau et la journée promettait d’être belle. Alors pourquoi ne pas en profiter pour faire une longue balade à la recherche de coccinelles et d’insectes en tous genres qui réveilleraient ses sens de chiot endormis ?

J’ai ouvert un œil et sans même avoir le temps d’ouvrir le second, une masse visqueuse, chaude et dégoulinante a parcouru mon visage dans une diagonale passant de la base du cou jusque dans les cheveux. Beurk…

Je vous assure qu’il n’y a rien de pire que cela au réveil. Enfin si, son haleine de croquettes mélangée à la crotte qu’il a encore du faire sur le tapis du salon avant de la dévorer. Au secours !

Bibi avait vu que la femme de sa vie (alias moi, oui mes chevilles vont bien…) venait de se réveiller et il ne fallait surtout pas qu’elle se rendorme. Alors il se mit à tourner en tous sens sur le lit, à sauter partout et à ramener ses jouets les uns après les autres.

Bonjour tout le monde ! Il est l’heure pour moi de me trouver un travail honnête…

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